Les Toei shou , ou Tui shu, ou chi sao ,selon les transcriptions, se traduisent très improprement en France par l’expression « poussées de mains ». Une traduction plus correcte faite par les Britanniques, et qui a ma faveur, donne les termes de « Mains collantes ». Ces exercices ont été popularisés par le Tai Ji Quan, mais n’en sont pas l’apanage. Tous les arts martiaux internes chinois (Pa Kua Tsuan, Hsing I Chuan) ,et plus généralement asiatiques, proposent ces séquences à deux. Certains arts martiaux dits externes font, eux aussi, une large place aux « mains collantes » dont le Wing Chun rendu célèbre par Bruce Lee.

Les « mains collantes » se font avec un partenaire, et se déclinent en nombreuses propositions techniques différentes (selon les écoles et tendances) tout en posant au préalable un certain nombre de règles du jeu communes : lenteur relative, écoute, principe de non résistance, priorité donnée au sens du toucher et de la proprioception, collaboration active, vigilance détendue. Ces présupposés sont obligatoires, du moins au début de l’étude sous peine d’impasse évolutive ou de dérives étrangères à la spécificité du système et de ce qu’il peut apporter de singulier et de profond.

Une phrase de notre tendance (Hsin I Chuan ou Xingyiquan) énonce : « ce que l’œil saisit, la peau ne l’éprouve pas, ce que la peau éprouve, l’œil le saisit ». Ce qui est dit ici annonce une direction didactique différente (et complémentaire) des stratégies habituelles d’apprentissage centrées sur la vue. Plus exactement les « mains collantes » reposent sur une mise en jeu des sens du toucher et de la proprioception accompagnée de consignes à teinte fortement imagée, alors que les pédagogies visuelles sont plus facilement irriguées de conseils analytiques et descriptifs.

Les « mains collantes sont un maillon incontournable de la chaine d’apprentissage des arts internes si l’on désire comprendre (prendre en soi) l’univers martial, même sous une forme ludique. C’est un moyen, certes, d’habiter les mouvements et les techniques, mais aussi d’appréhender le temps et l’espace, qui se tisse dans le travail avec autrui, de manière nouvelle, fine et originale.

Ces exercices, codifiés et structurés au début on pour finalité, peu à peu, de s’exprimer librement en des formes techniques variées et spontanées avec partenaire (San Shu ou « dispersion des mains), tout en respectant les règles du jeu énoncées précédemment.

Pour finir, les « mains collantes » s’accompagnent de pratiques en solo (Qi Gong) destinées à éveiller, à cartographier le corps sous le regard de la conscience. Il s’agit alors de créer des banques de mémoires proprioceptives, des réseaux de relation nouvelles tant dans la structure que sous l’angle de l’énergie, véritable tissage d’intentions, de sensations et de circulations subtiles. Ce travail n’étant pas sans rappeler certaines pratiques méditatives laïques.

Thierry Borderie : Professeur d’enseignement artistique (arts martiaux et techniques corporelles) au Conservatoire de Bordeaux depuis 1990. A travaillé et développé des méthodes corporelles, sensorielles et attentionnelles, à chaque fois de manière adaptée et spécifique, en direction des publics suivants : Comédiens, musiciens, chanteurs, danseurs, chefs de chœur et d’orchestre.

  • Enseignant d’arts martiaux à l’ESTBA (Ecole supérieure de Théâtre de Bordeaux Aquitaine) de 2006 à 2013.

 

  • Intervenant au CEFEDEM AQUITAINE (actuel pole d’enseignement supérieur supérieur musique et danse Bordeaux Aquitaine) durant plusieurs années

 

  • Pratique les arts martiaux depuis 40 ans

(Kung-fu, Tai chi chuan, Hsing i chuan, Pa ku tsuan, armes traditionnelles chinoises) ainsi que les approches corporelles et « énergétiques » :Qi Qong et Tao yin fa.

 

-Diplômé de la Hong Kong chinese Martial Arts association.

-Diplômé de la Koushu fédération of the républic of China.

-Certifié 4ème degré par l’académie internationale YSEIDO.

-Ceinture noire 1er Dan jiu jitsu (Tai Ho) UFOLEP.

-Diplômé (n°323) de la Fédération Française amateur de Sambo: « Maitrise de défense personnelle ».

-Ceinture noire 3ème dang de Viet Vo Dao.

– Fondateur du Tai Ji Quan de tendance Wang (validé et reconnu par Mr Georges Charles et les Arts Classique du Tao).

  • Professeur 8ème Duan de l’école SAN YI CHUAN
  • Fondateur de la Convention des Arts Classiques du Tao

Avec Georges Charles. http://www.tao-yin.com/

  • A participé à de nombreux stages de formation consacrés à des disciplines corporelles d’origine occidentale : Eutonie, Feldenkrais, anatomie du mouvement, sophrologie, Alexander…(sans toutefois en passer les aspects diplômant)
  • Diplômé en sciences humaines (Psychologie et Ethnologie)
  • Formation Psychanalytique
  • Formé (et intervenant) à l’institut de Médecine des arts. http://www.medecine-des-arts.com/
  • Pratiquant en MBSR et intervenant au sein du centre Euthymia ( Méditation et Qi Gong/ Conscience du mouvement et mouvements de la conscience) http://www.euthymia.fr/
  • Fondateur et président de L’Académie des Arts Martiaux Chinois Classiques ainsi que de l’association ARTTAO.
  • Intervenant au sein de la formation pour Kinésithérapeutes mal voyant et non voyant de Limoges (gymnastiques attentionnelles et sensorielles): APSAH Ecole de Kinésithérapie pour déficients visuels

 

 

 

 

 

informations pratiques :

28 et 29 avril de 13h à 18h au studio Keller, 1 Rue Keller, 75011 Paris

tarif : 90€ avant le 10 avril, après 110€ plein tarif/ 100€ tarif réduit.

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